Ce post est un post d’humeur. J’ai malheureusement souvent l’impression d’être entouré de crétins, et ce n’est pas l’actualité informatique de ces derniers temps qui va changer la donne. La première gifle vient de Bono, chanteur d’un obscure groupe, qui autrefois, peut être dans une vie antérieure, fut un artiste. Citation de la traduction fr :
… nous sommes comme un bureau de poste, nous disent ces FAI, comment savoir ce qu’il y a dans ces enveloppes de papier brun ? Mais nous savons de notre côté, que ce soit par les nobles efforts entrepris par les Etats-Unis pour stopper la pédopornographie, sans évoquer l’ignoble pratique de la Chine de supprimer les contenus en ligne des dissidents, qu’il est parfaitement possible de surveiller le contenu.
Ahahaha et que dois-je comprendre par là cher Bono ? Que si on peut le faire pour la pédopornographie on peut le faire alors pour n’importe quoi d’autre ? Que le simple fait de pouvoir le faire donne le droit de le faire ? Dans ce cas cher Bono, pourquoi ne pas tous nous mettre sous surveillance, dans le genre 1984 style, avec caméra dans les moniteurs, parce que l’on ne sait jamais…. on pourrai tous être de pirates en puissance, on pourrai tous être des pedopornographe en puissance.
Tiens par exemple, si on télécharge ton album “Boy” on pourrait s’en doute être les deux en même temps ! Ahahaha… merci pour la rigolade Bono mais pitié, chante si tu veux (enfin loin de mes oreilles), mais ne cherche pas a te mêler de politique… ni même de réflexion, tu n’est pas doué pour cela. Si on suivait ton raisonnement fallacieux, alors on ne devrait plus vendre de couteaux, parce qu’il y a bien 1 personne sur un million qui s’en sert pour poignarder son voisin plutôt que pour découper du pain. De la même manière on devrait fermer les frontières sous prétexte qu’un passager sur 100 000 passe de la drogue. Et entre nous, citer la Chine comme exemple de “réalisation technique”, je trouve ça de très mauvais goût.
Peut être une fois que le compte des pedopornographes (qu’ils ont bon dos ceux-là) sera réglés, passerons-nous aux utilisateurs de p2p, puis aux blogueurs, et finalement a tout l’Internet, mail compris. On aura alors bien “assainit” les réseaux, ligaturer la liberté d’expression, et anéanti le concept même d’opinion publique. Nous pourront alors “nationaliser l’Internet”, comme le voudrais cet autre grand visionnaire de notre beau pays, Jacques Myard, et nous n’auront plus qu’a nous constituer un bon stock de balle (méthode chinoise oblige) pour enfin avoir la paix (et les profits mais chutt c’est moins démago que les pédopornographes).
Autre réaction édifiante, celle de Sherman Alexie qui, bien que dans un domaine légèrement différent, n’en est pas moins horrifiante. Je cite en version originale cette fois :
“With the open-source culture on the Internet, the idea of ownership — of artistic ownership — goes away, it terrifies me.”
Moi ce qui me terrifie le plus, c’est de voir quelqu’un qui confond open-source et piratage ! L’open source est protégé par le droit d’auteur, l’open source encourage l’usage de licence, l’open-source n’est pas du domaine publique, et l’open-source n’encourage pas la diffusion d’œuvre dont la licence n’est pas open-source. D’ailleurs l’open-source n’est pas systématiquement gratuit. Bref le gus semble vraiment connaitre le sujet. Quoiqu’il en soit si je suit littéralement son raisonnement, alors je devrais en déduire que l’existence de Linux explique le fort taux de piratage de Microsoft Windows (raisonnement con, conclusion stupide).
Certains répondront, peut être avec justesse, que le gars s’exprime mal (ce n’est qu’un poète après tout) et que l’idée qu’il cherche à exprimer pourrai se traduire de manière partisane par quelque chose du genre “mais avec tous ses produits gratuits de qualité, les gens renâclent beaucoup a sortir le porte-monnaie”. Si c’est vraiment l’intention de l’auteur, alors je n’ai qu’une chose à lui dire : il prend les choses par le mauvais côté, il commet l’erreur classique des gens qui ne comprennent pas les enjeux moderne. A l’heure où la création collective est une réalité, à l’heure où le coût de duplication des données est proche du néant, à l’heure où les débits des réseaux sont de plus en plus élevés, il est illusoire de croire que la culture est encore “un objet”, et qu’une économie de profit basé sur la pénurie, peut fonctionner. Les holà, et autres projets de loi imbéciles peuvent certes ralentir pendant un temps le mouvement, mais la mutation culturelle est, à terme inévitable. Évidement, ces gens là ne sont pas capable de l’appréhender, ni de se remettre en question, sans quoi ce post n’aurait pas ce titre.